Marcool HY1650 5-40*56 The bigger and the best ?

STALKER ED 5-40×56

 

 

INTRODUCTION

 

Il y a encore quelques années, une lunette affichant un grossissement maximal de 20 ou 25 fois semblait déjà largement suffisante pour la plupart des disciplines de tir. Depuis, les choses ont bien changé. Les 5-25× sont devenues presque banales, les 30× se multiplient et l’on voit désormais apparaître des optiques capables d’atteindre 35, 40 fois, voire davantage. Sur une carabine de TLD posée sur un bipied, l’intérêt peut facilement se comprendre. Mais lorsqu’on pratique le sniper airsoft et que nos engagements dépassent rarement 80 ou 100 mètres, une question devient inévitable : à quoi peut réellement servir un grossissement de 40 fois ?

C’est précisément la question que je me suis posée avec cette Marcool STALKER ED 5-40×56 HY1650. Sur le papier, la fiche technique ne fait pas vraiment dans la demi-mesure : grossissement de 5 à 40×, objectif de 56 mm, tube de 34 mm, réticule MAR-206 placé au premier plan focal, verre ED, réglage de parallaxe et système Zero Stop. Le tout est proposé autour de la barre des 500 €, ce qui commence à représenter une somme conséquente pour une optique airsoft, mais reste relativement contenu pour une lunette affichant de telles caractéristiques.

Plutôt que de multiplier les tirs sur table pour essayer de lui trouver artificiellement une utilité, j’ai choisi de l’utiliser dans un environnement beaucoup plus révélateur : un entraînement puis une compétition en Suisse, où la rapidité d’acquisition, la lecture du terrain et la précision comptent finalement beaucoup plus que le chiffre inscrit sur la bague de zoom. Une excellente occasion de vérifier si cette énorme plage 5-40× constitue un véritable avantage ou simplement un argument séduisant sur une fiche technique.

 

UNE STALKER QUI A BIEN ÉVOLUÉ

 

Marcool n’est pas vraiment une inconnue sur Sniperland. J’avais déjà eu l’occasion de tester une STALKER il y a plusieurs années et j’en avais conservé un excellent souvenir, notamment concernant sa luminosité et la finesse de son réticule. La marque chinoise a depuis largement fait évoluer son catalogue et cette HY1650 illustre parfaitement le chemin parcouru. Nous ne sommes plus devant une optique relativement simple cherchant avant tout à proposer un excellent rapport qualité-prix, mais face à une lunette qui reprend désormais la plupart des caractéristiques attendues sur une optique moderne destinée au tir de précision.

Marcool Stalker la lunette absolue ?

La STALKER ED 5-40×56 utilise ainsi un tube de 34 mm associé à un imposant objectif de 56 mm. Le réticule MAR-206 est placé au premier plan focal, les corrections sont réalisées en 0,1 MIL et le réglage de parallaxe débute officiellement à 10 yards pour aller jusqu’à l’infini. La lunette mesure 360 mm et affiche 919 grammes sur la balance. La pupille de sortie passe quant à elle de 8,5 mm à faible grossissement à seulement 1,4 mm à 40×. Cette dernière valeur aura, comme nous le verrons plus loin, une importance considérable dans le comportement de la lunette lorsque l’on pousse réellement le zoom jusqu’à sa limite.

Sur le papier, Marcool ne cherche donc clairement pas à proposer une petite lunette polyvalente et légère. Cette STALKER est une véritable optique de précision, avec tout ce que cela implique en matière de diamètre, de mécanique et de poids. Pourtant, une fois sortie de sa boîte et prise en main, elle apparaît étonnamment moins massive que ses caractéristiques pourraient le laisser penser.

 

UNE BELLE BÊTE, MAIS SANS LOOK TACTIQUE EXAGÉRÉ

 

La première impression est très positive. La HY1650 fait sérieuse et inspire immédiatement confiance, mais Marcool a eu la bonne idée de ne pas transformer sa 5-40×56 en caricature de lunette tactique. Malgré son objectif de 56 mm et son tube de 34 mm, les lignes restent relativement douces et l’ensemble possède davantage un look de lunette de tireur sportif que d’optique militaire. C’est un parti pris esthétique que j’apprécie particulièrement et qui, à mon sens, affine visuellement une lunette qui reste malgré tout une belle bête.

Les proportions sont équilibrées et les différentes commandes s’intègrent correctement dans le dessin général. On retrouve cette impression de produit conçu pour le tir posé ou la compétition plutôt que pour simplement impressionner avec d’énormes tourelles et des formes inutilement agressives. Cela peut sembler totalement secondaire lorsqu’on parle de performances, mais une lunette est un élément que l’on garde parfois plusieurs années et que l’on manipule constamment. La qualité perçue et le plaisir d’utilisation comptent donc aussi.

Les 919 grammes annoncés pourraient également faire peur. Dans les faits, la sensation en main est beaucoup moins impressionnante que ce chiffre ne le laisse imaginer. La masse semble bien répartie et je n’ai jamais eu l’impression de manipuler une enclume. Évidemment, nous restons très loin d’une petite lunette légère destinée à une réplique que l’on souhaite porter toute une journée, mais pour une 5-40×56 avec un tube de 34 mm, le résultat reste cohérent. Sur une configuration orientée précision ou compétition, ce poids ne m’a posé aucun problème particulier.

 

DES COMMANDES SIMPLES ET AGRÉABLES

 

Les tourelles participent largement à cette bonne première impression. Leur manipulation est agréable, elles tournent facilement et les clics restent suffisamment perceptibles pour savoir exactement ce que l’on fait sans offrir cette sensation exagérément sèche que l’on rencontre parfois sur certaines optiques. Chaque clic correspond à 0,1 MIL, une valeur devenue aujourd’hui presque standard sur les lunettes destinées au tir de précision.

L’organisation des deux tourelles mérite toutefois d’être soulignée. La tourelle d’élévation reste directement accessible alors que la dérive est protégée par un capuchon vissé qu’il faut retirer avant de pouvoir effectuer une correction. Ce choix pourra déplaire au tireur qui travaille constamment sa dérive à la tourelle, mais il me semble assez logique pour mon utilisation. Une fois le zéro effectué, je touche finalement très peu à la dérive et le capuchon évite toute modification accidentelle pendant le transport ou les manipulations sur le terrain.

En revanche, j’ai réellement utilisé le Zero Stop. Ce type de système peut facilement devenir une ligne supplémentaire sur une fiche technique lorsqu’on travaille essentiellement en contre-visée, mais il s’est révélé particulièrement pratique pour éviter de se perdre dans les réglages. Après avoir manipulé l’élévation, il suffit de revenir en butée pour retrouver immédiatement son réglage de référence. En compétition, où l’on a suffisamment de paramètres à gérer sans devoir se demander si l’on a effectué un tour de tourelle de trop, cette simplicité est appréciable.

 

LE MAR-206 : FINESSE AVANT TOUT

 

Le réticule MAR-206  est tres fin, il est placé au premier plan focal, il évolue naturellement avec le grossissement et conserve donc la cohérence de ses graduations quelle que soit la valeur utilisée. Ce principe est particulièrement intéressant pour nos applications airsoft où les contre-visées sont fréquentes et où les trajectoires de billes lourdes imposent parfois des corrections importantes.

Mais ce qui frappe surtout entre 5 et 15× est sa finesse. Le réticule reste particulièrement précis et ne vient jamais masquer inutilement une petite cible. Pour une utilisation de type Golf Challenge, où l’on peut être amené à chercher un petit objectif dans un environnement complexe avant de réaliser un tir précis, cette finesse constitue un véritable avantage. Il devient très facile de placer précisément le centre du réticule tout en conservant une excellente lecture de ce qui se passe autour.

Cette qualité est d’autant plus appréciable que je n’ai pratiquement pas utilisé l’illumination présente sur mon exemplaire. Je l’ai naturellement allumée afin de vérifier son fonctionnement, mais les conditions rencontrées pendant les essais ne nécessitaient absolument pas son utilisation. Sur ce type de lunette, l’illumination prend selon moi surtout son intérêt lorsque la lumière diminue fortement, notamment au crépuscule ou lorsque le réticule vient se perdre sur un environnement très sombre. En pleine journée, la finesse et le contraste naturel du MAR-206 suffisent parfaitement.

 

UNE EXCELLENTE LUMINOSITÉ ENTRE 5 ET 15×

 

Une lunette peut afficher toutes les caractéristiques imaginables, si l’image n’est pas bonne, le reste perd rapidement son intérêt. Sur ce point, la STALKER ED m’a fait une excellente impression dans la plage que j’ai réellement utilisée. Entre 5 et 15×, l’image est très lumineuse et permet de conserver une excellente lecture du terrain. Associée à la finesse du réticule, cette luminosité donne immédiatement une sensation de précision et de confort.

Cette plage est finalement celle qui correspond le mieux à notre pratique. À faible grossissement, on conserve suffisamment de champ pour rechercher rapidement une cible ou comprendre son environnement. En augmentant progressivement jusqu’à 10, 12 ou 15×, il devient possible d’affiner énormément le placement sans avoir l’impression de regarder le monde à travers un tube. Le compromis entre grossissement, luminosité et facilité de placement de l’œil reste excellent.

 

Le réglage de parallaxe participe également au confort général. Je n’ai rencontré aucune difficulté particulière à ce niveau : le réglage s’effectue facilement et permet d’obtenir rapidement une image propre. La plage annoncée par Marcool commence à 10 yards, ce qui est particulièrement intéressant pour l’airsoft. Beaucoup de lunettes pensées exclusivement pour le tir longue distance deviennent pénibles lorsque les cibles se rapprochent fortement ; ici, la capacité à reprendre correctement la parallaxe à courte distance contribue à rendre la lunette beaucoup plus polyvalente que son énorme grossissement maximal pourrait le laisser penser.

 

JUSQU’À 20× : AUCUN PROBLÈME

 

En augmentant encore le grossissement, la HY1650 reste parfaitement agréable jusqu’aux environs de 20×. Naturellement, l’eye-box commence progressivement à demander davantage de précision et les mouvements du tireur deviennent plus visibles, mais rien de réellement gênant. Avec une position correcte, l’image reste facile à trouver et cette plage peut tout à fait être exploitée pour un tir posé ou pour observer plus précisément une zone.

Il faut toutefois distinguer ce qu’une lunette permet techniquement de ce que l’on utilise réellement sur le terrain. Durant la compétition suisse, je n’ai absolument pas ressenti le besoin de travailler à 20, 30 ou 40×. La majorité de mes tirs ont été réalisés entre 8 et 12×, et ce n’est évidemment pas un hasard. Dans cette plage, le champ de vision reste suffisamment important pour acquérir rapidement une cible, l’image est lumineuse, le placement de l’œil ne demande aucun effort particulier et le grossissement est déjà largement suffisant pour exploiter la précision d’une réplique airsoft.

C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de cet essai. Une lunette 5-40× ne signifie absolument pas que l’on va tirer à 40×. Dans la pratique, la plage réellement utilisée reste beaucoup plus raisonnable et finalement assez proche de ce que j’utilise sur d’autres optiques de précision.

 

30 ET 40× : LÀ OÙ LE TIR POSÉ CHANGE LA DONNE

 

Évidemment, avoir une lunette capable de grossir quarante fois donne immédiatement envie de tourner la bague jusqu’au bout. Je l’ai donc fait, essentiellement pour le plaisir et pour comprendre ce que cette énorme valeur pouvait réellement apporter dans notre discipline. À 30× puis à 40×, le comportement change radicalement. Le placement de l’œil devient beaucoup plus exigeant et à 40× il faut réellement trouver la bonne position pour conserver une image complète.

Ce phénomène n’a rien d’étonnant. À 40×, la pupille de sortie tombe à seulement 1,4 mm. La moindre variation dans la position de la tête devient immédiatement perceptible et chaque mouvement du tireur est considérablement amplifié dans l’image. Pour engager rapidement une cible depuis une position improvisée, le bénéfice devient donc très discutable. Mais il serait injuste d’en déduire que le 40× est inutile : il faut simplement replacer ce grossissement dans le type de tir pour lequel il prend réellement son sens.

Sur une carabine de tir réel installée sur un bipied, un sac arrière ou un support de benchrest, le raisonnement change complètement. Le tireur n’a plus à acquérir rapidement une cible depuis une position instable : la plateforme est posée, la position de la tête peut être reproduite avec précision et l’on dispose du temps nécessaire pour régler parfaitement la parallaxe et la mise au point. À très longue distance, la cible qui n’occupeait qu’une faible portion du champ à 10 ou 15× devient alors beaucoup plus facile à analyser. Le fort grossissement permet d’affiner le point visé, de travailler sur une zone précise de la cible et, lorsque les conditions atmosphériques le permettent, de mieux exploiter la précision mécanique de l’ensemble arme/munition.

Il ne faut cependant pas confondre grossissement et capacité à lire miraculeusement une cible à plusieurs centaines de mètres. À ces distances, la qualité du verre, la stabilité de la plateforme et surtout les conditions atmosphériques deviennent déterminantes. Mirage thermique, turbulence et luminosité peuvent rendre un 40× moins exploitable qu’un 25 ou 30×. Mais disposer de cette réserve permet justement au tireur de choisir. On peut travailler à 20 ou 25× lorsque l’air bouge beaucoup, puis monter à 30, 35 ou 40× lorsque les conditions s’y prêtent. Dans cette perspective, le 40× n’est plus un grossissement que l’on doit absolument utiliser, mais une marge supplémentaire disponible lorsque la situation permet de l’exploiter.

C’est également là que la philosophie de la HY1650 devient beaucoup plus claire. Sa plage 5-40× ne doit pas être jugée uniquement à travers le prisme de l’airsoft. Une optique de ce type peut parfaitement trouver sa place sur une plateforme de tir réel destinée au tir posé à longue ou très longue distance, où son encombrement et son poids deviennent beaucoup moins problématiques et où sa capacité à monter fortement en grossissement prend davantage de sens.

 

UNE FONCTION D’OBSERVATION À NE PAS SOUS-ESTIMER

 

L’autre intérêt du 30-40× est apparu très naturellement pendant mes essais : la HY1650 commence presque à jouer le rôle d’une petite lunette d’observation. En poussant le grossissement, j’ai pu distinguer très facilement les impacts sur les cibles et également observer le biotope situé autour afin de comprendre où terminaient certaines billes. Dans le cadre de l’airsoft, c’est finalement beaucoup plus utile que d’essayer de tirer systématiquement à 40×.

Cette capacité devient encore plus pertinente en tir réel. Sur cible papier ou métallique à longue distance, pouvoir observer directement le résultat d’une série sans quitter son arme est particulièrement confortable. Bien entendu, une véritable spotting scope conserve des avantages : elle peut proposer un objectif plus important, être placée indépendamment de l’arme et permettre à un observateur de travailler sans gêner le tireur. Mais une 5-40×56 offre une solution intermédiaire particulièrement intéressante. Pour certaines distances et dans de bonnes conditions de lumière, il devient possible de contrôler ses impacts ou d’examiner précisément une zone de la cible sans transporter ou installer une seconde optique.

Le fort grossissement peut également être utile avant même le tir. Observer précisément une cible, identifier un détail, examiner son environnement ou simplement vérifier quelque chose que l’œil distingue mal à 10× sont autant d’utilisations possibles. Sur le terrain suisse, c’est finalement ainsi que j’ai naturellement utilisé les 30 et 40× : je tirais entre 8 et 12×, puis je pouvais ponctuellement pousser le zoom pour regarder ce qui venait de se passer. La bague revenait ensuite sur un grossissement beaucoup plus raisonnable pour reprendre le tir.

Cette distinction entre grossissement de tir et grossissement d’observation me paraît essentielle pour comprendre cette lunette. Dans mon utilisation airsoft, 8 à 12× constituent clairement la zone de travail. Le 20× reste parfaitement exploitable lorsque l’on dispose d’une position stable. Le 30-40× représente davantage une réserve destinée à l’observation. Sur une arme réelle posée et utilisée à très longue distance, cette frontière peut naturellement se déplacer vers le haut.

 

LE TEST EN COMPÉTITION SUISSE

 

Une lunette de précision peut être excellente sur une table de tir et beaucoup moins convaincante dès que l’on commence à changer de position, rechercher rapidement une cible ou travailler sous contrainte de temps. C’est pour cette raison que l’utilisation de la HY1650 lors d’un entraînement puis d’une compétition en Suisse m’intéressait particulièrement. Il ne s’agissait plus simplement de regarder une mire pendant une après-midi mais d’utiliser réellement l’optique lorsque chaque seconde et chaque tir comptent.

 

Durant le Challenge, j’ai principalement travaillé entre 8 et 12×. Cette plage s’est révélée parfaitement adaptée : suffisamment de grossissement pour exploiter la précision du réticule et identifier clairement les petites cibles, mais encore assez de champ et de tolérance pour conserver une acquisition rapide. C’est également dans cette zone que la luminosité de la STALKER est particulièrement agréable. L’image est claire, le réticule reste fin et l’ensemble se fait rapidement oublier.

 

C’est un point essentiel. En compétition, une bonne optique ne doit pas devenir une préoccupation supplémentaire. On ne doit pas passer son temps à rechercher l’image, à lutter avec la parallaxe ou à essayer de comprendre un réticule trop chargé. Une fois mes réglages effectués, la Marcool m’a simplement permis de me concentrer sur les cibles et sur mes tirs. Le Zero Stop m’a également apporté une sécurité supplémentaire en me permettant de retrouver rapidement mon réglage sans risque de perdre ma référence.

Le 30 et le 40× n’ont donc pratiquement jamais été utilisés pour tirer pendant la compétition. Je les ai employés ponctuellement par curiosité et pour observer les impacts. Cette expérience confirme finalement quelque chose que l’on oublie facilement devant une fiche technique : dans une discipline dynamique, un énorme grossissement ne remplace jamais un bon compromis entre champ de vision, luminosité, eye-box et précision du réticule.

 

40× EN AIRSOFT : MARKETING OU VRAIE UTILITÉ ?

 

Il serait facile de conclure qu’un grossissement de 40× ne sert à rien en airsoft. Ce serait pourtant un peu trop simpliste. Pour effectuer un tir à 60 ou 80 mètres depuis une position de compétition, effectivement, je ne vois aucun intérêt à utiliser une telle valeur. Entre 8 et 12×, j’étais beaucoup plus rapide et parfaitement capable de placer précisément mes tirs. Même 20× constitue déjà une valeur largement supérieure à ce dont j’ai besoin dans la majorité des situations.

Mais une grosse lunette de précision n’est pas uniquement un système permettant de placer un point au milieu d’une cible. C’est également un instrument d’observation. Voir un impact, analyser une trajectoire, examiner le terrain autour d’une cible ou simplement regarder précisément une petite zone avant de réduire le grossissement pour tirer sont autant de situations dans lesquelles cette réserve devient intéressante.

Et si l’on sort du seul cadre de l’airsoft, le jugement change encore. Sur une arme réelle utilisée en tir posé à plusieurs centaines de mètres, la stabilité de la position permet d’exploiter des grossissements qui seraient totalement contre-productifs sur un parcours dynamique. Le 30 ou 40× peut alors devenir un véritable outil de précision et d’analyse, à condition que les conditions atmosphériques permettent de l’utiliser. Une optique offrant 40× ne signifie donc pas que l’on doit tirer en permanence à 40× ; elle signifie que le tireur dispose de cette possibilité lorsque la distance, la taille de la cible et les conditions la rendent pertinente.

C’est donc moins le chiffre 40 qui constitue l’intérêt de cette Marcool que l’amplitude offerte par sa plage de grossissement. On dispose d’une lunette réellement exploitable dès 5×, excellente dans la zone 8-15× que j’utilise le plus, encore confortable autour de 20× et capable ensuite de se transformer ponctuellement en outil d’observation ou en optique de très fort grossissement pour le tir posé.

 

UNE OPTIQUE À ENVIRON 500 € : ENCORE DU « RAPPORT QUALITÉ-PRIX » ?

 

Autour de 500 €, nous ne sommes évidemment plus dans le domaine de la petite lunette airsoft achetée pour équiper occasionnellement un bolt. À ce tarif, il devient légitime d’être exigeant sur la mécanique, la qualité d’image, le réticule et la finition. La HY1650 répond globalement à cette attente. La prise en main est sérieuse, les commandes sont agréables, le Zero Stop est réellement fonctionnel et surtout la qualité optique dans la plage de grossissement utile m’a convaincu.

C’est également intéressant lorsque l’on regarde l’évolution du marché asiatique. Pendant longtemps, les marques chinoises ont surtout été considérées comme des alternatives économiques aux fabricants historiques européens, américains ou japonais. Cette frontière devient de moins en moins évidente. Les tarifs augmentent, certes, mais les prestations également. Tube de 34 mm, verre ED, FFP, mécanique en MIL, Zero Stop et plage de grossissement énorme ne sont désormais plus réservés aux optiques vendues largement au-dessus de 1 000 €.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une Marcool à 500 € devient automatiquement l’équivalent d’une lunette haut de gamme coûtant trois ou quatre fois son prix. Les derniers pourcents de qualité optique, la perfection mécanique, la régularité de production ou le service à très long terme ont aussi une valeur. Mais l’écart de performances réellement perceptible sur le terrain se réduit, et c’est probablement ce qui rend aujourd’hui des produits comme cette STALKER aussi intéressants.

 

QUELQUES POINTS PERFECTIBLES

 

Le principal défaut de cette HY1650 est paradoxalement inscrit dans son nom. Les 40× font rêver, mais ils imposent des contraintes physiques impossibles à contourner. Avec une pupille de sortie de seulement 1,4 mm, l’eye-box devient logiquement exigeante et l’utilisation dynamique à ce grossissement est franchement compliquée. Il faut donc considérer cette extrémité de la plage comme une possibilité d’observation ou un outil destiné à un tir extrêmement stabilisé, pas comme la valeur normale d’utilisation de la lunette.

 

La tourelle de dérive protégée par un capuchon constitue également un choix qui divisera probablement les utilisateurs. Personnellement, cela ne me gêne absolument pas puisque je règle ma dérive puis travaille essentiellement au réticule. Un tireur habitué à corriger régulièrement le vent directement à la tourelle préférera probablement une commande immédiatement accessible.

 

 

Enfin, malgré une excellente répartition de sa masse, 919 grammes restent 919 grammes. Sur une plateforme dédiée à la précision, cela ne pose aucun problème particulier et le poids paraît même étonnamment raisonnable lorsque l’on prend la lunette en main. Sur une réplique ultralégère destinée à être portée pendant une journée entière, le choix d’une 5-40×56 mérite évidemment davantage réflexion.

 

POUR QUI ?

 

La Marcool STALKER ED 5-40×56 HY1650 n’est probablement pas la lunette que je conseillerais à un joueur qui vient d’acheter son premier bolt et cherche simplement une optique pour jouer le dimanche. Elle serait objectivement surdimensionnée pour cet usage. En revanche, elle prend beaucoup plus de sens sur une configuration haut de gamme destinée au Golf Challenge, au tir de précision airsoft, au benchrest, à l’airgun ou au tir réel posé à longue distance.

Son véritable intérêt réside moins dans son impressionnant 40× que dans sa capacité à couvrir énormément de situations avec une seule optique. À 8-12×, elle s’est montrée parfaitement adaptée à mon utilisation en compétition. À 15-20×, elle conserve suffisamment de confort pour effectuer des observations ou des tirs très précis. Au-delà, elle commence progressivement à jouer le rôle d’une petite longue-vue directement installée sur la plateforme. Sur une carabine stabilisée destinée au tir réel à longue ou très longue distance, cette réserve de grossissement peut en revanche devenir une véritable capacité supplémentaire.

C’est finalement cette polyvalence qui me semble définir le mieux la HY1650. Une grosse lunette, certes, mais une grosse lunette qui reste étonnamment civilisée.

 

LES PLUS / LES MOINS

 

LES PLUS

+ Excellente luminosité entre 5 et 15×
+ Réticule MAR-206 particulièrement fin et précis
+ Plage 5-40× réellement polyvalente entre tir et observation
+ Zero Stop simple et réellement utile

LES MOINS

– Eye-box très exigeante à 40×
– 40× peu adapté au tir dynamique
– Tourelle de dérive sous capuchon, moins rapide pour ceux qui corrigent constamment
– 919 g : raisonnable pour la catégorie, mais cela reste une grosse optique

 

CONCLUSION

 

La Marcool STALKER ED 5-40×56 HY1650 impressionne par ses chiffres, mais ce n’est finalement pas son 40× qui m’a le plus convaincu. Sur le terrain, c’est entre 8 et 12× qu’elle s’est révélée la plus efficace, avec une image lumineuse, un réticule remarquablement fin et une utilisation très naturelle. Jusqu’à environ 20×, elle reste confortable ; au-delà, elle devient un véritable outil d’observation, tandis que le tir réel posé à très longue distance peut donner davantage de sens à cette réserve de grossissement. Le Zero Stop, la qualité de fabrication et la mécanique agréable complètent un ensemble très sérieux. Autour de 500 €, Marcool propose donc une véritable optique de tireur, capable de passer d’un usage dynamique raisonnable à l’observation ou au tir posé à fort grossissement.

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