Vector Optics Veyron GenII 3-12×44 : Test et avis

Une lunette hybride ?

 

 

Introduction

 

Les LPVO ont pris une place importante ces dernières années, aussi bien dans le domaine du tir que de l’airsoft. Leur intérêt est évident : conserver un faible grossissement pour les engagements rapprochés tout en disposant d’une réserve suffisante pour atteindre une cible à plus longue distance. En parallèle, les lunettes de précision ont elles aussi évolué, avec des plages de grossissement plus importantes, la généralisation des réticules FFP et une tendance à la réduction de l’encombrement.

La Vector Optics Veyron GenII 3-12×44 HD CTR FFP se situe à la croisée de ces deux approches. Avec son format particulièrement court, elle conserve les caractéristiques d’une véritable lunette de précision : réticule au premier plan focal, parallaxe réglable, tourelles en 0,1 MIL et grossissement maximal de 12×. Il ne s’agit évidemment pas d’une LPVO, puisque son grossissement minimum débute à 3×, mais son architecture mérite que l’on s’y intéresse.

Au-delà de son utilisation en airsoft, cette Veyron présente également des caractéristiques intéressantes pour le tir de loisir en .22 LR ou avec une carabine à air comprimé PCP. Une polyvalence qui mérite d’être examinée, particulièrement à ce niveau de prix.

 

Présentation et caractéristiques

 

La gamme Veyron existe depuis plusieurs années chez Vector Optics et se distingue par des dimensions réduites par rapport aux lunettes traditionnelles offrant des grossissements comparables. Cette deuxième génération reprend le même principe tout en faisant évoluer plusieurs éléments, notamment sur le plan optique.

La version testée ici propose une plage de grossissement de 3 à 12× associée à un objectif de 44 mm. Elle utilise un tube de 30 mm et affiche un poids annoncé de 629 grammes. Le réticule VVE-1, placé au premier plan focal, bénéficie d’une illumination rouge du point central. Nous retrouvons également un réglage de parallaxe latéral, des tourelles graduées en 0,1 MIL et des lentilles LaREE HD bénéficiant d’un traitement multicouche.

Outre la lunette, nous retrouvons une paire d’anneaux de montage pour rail Picatinny, un pare-soleil de type honeycomb (nid d’abeille), des flip ups, une roue additionnelle facilitant le réglage de la parallaxe, un outil destiné aux différents ajustements avec le calcul rapide de mils ou moa ainsi qu’une lingette de nettoyage pour les lentilles.

La compacité constitue naturellement sa principale particularité. Avec une longueur de l’ordre de 25 cm, la Veyron occupe sensiblement moins de place qu’une lunette de précision conventionnelle, dont les dimensions dépassent fréquemment 300 à 350 mm. Cette réduction d’encombrement présente un intérêt sur les répliques courtes, les DMR ou les carabines compactes, tout en conservant davantage de place sur le rail pour d’éventuels accessoires.

Il convient toutefois de distinguer compacité et légèreté. Avec ses 629 grammes annoncés, la Veyron n’est pas particulièrement légère et l’ajout d’un montage amène facilement l’ensemble au-delà de 700 grammes. Le gain concerne donc avant tout les dimensions, et non le poids.

 

Commandes et réglages

 

La Veyron adopte une architecture classique avec une tourelle supérieure dédiée à l’élévation, une tourelle droite pour la dérive et une troisième commande, située à gauche, permettant de régler la parallaxe. Les clics sont gradués en 0,1 MIL, une unité cohérente avec les graduations du réticule et qui évite les conversions entre MIL et MOA. Les tourelles disposent d’un système de verrouillage par traction, simple et efficace pour éviter les modifications accidentelles.

Lors de nos essais, les clics se sont montrés nets, bien perceptibles et les réglages précis et répétables. Le mécanisme inspire confiance et ne présente pas de défaut particulier à signaler. J’ai également apprécié le design de la commande de parallaxe, qui reprend les principales caractéristiques de la lunette directement sur son flanc. Un détail esthétique, certes, mais qui participe à la présentation générale du produit. Autre détail bienvenu, la présence d’un levier sur la bague de zoom, qui facilite les changements de grossissement et permet une manipulation plus rapide, notamment avec des gants.

Le réglage de parallaxe débute à 10 yards, soit environ 9 mètres, une valeur particulièrement adaptée à l’airsoft et au tir à courte distance. Il permet d’obtenir une image nette aux distances habituelles de notre pratique, notamment entre 20 et 80 mètres. Les indications sont cohérentes et la commande permet d’ajuster facilement la mise au point.

Sur le plan mécanique, cette Veyron remplit donc correctement son rôle, que l’on privilégie les corrections directement sur les tourelles ou les contre-visées à l’aide du réticule.

Le réticule VVE-1

 

Cette version est équipée du réticule VVE-1 MIL, placé au premier plan focal (FFP). Sa taille apparente évolue donc avec le grossissement, tandis que ses graduations conservent leur valeur quelle que soit la position de la bague de zoom. Cette caractéristique présente un intérêt évident pour les contre-visées, particulièrement en airsoft où les trajectoires imposent parfois des corrections verticales importantes entre 30, 50, 60 ou 80 mètres.

Le VVE-1 adopte une construction de type « Christmas Tree », ou sapin de Noël, avec plusieurs repères dans la partie inférieure permettant de combiner corrections verticales et latérales sans intervenir systématiquement sur les tourelles. Le centre est constitué d’un petit point flottant annoncé à 0,08 MIL, illuminable en rouge, qui a le gros avantage de ne pas masquer la cible ( ici en 12x ).

Cette illumination prend tout son intérêt à faible grossissement. À 3×, le réticule FFP devient naturellement plus discret dans le champ de vision et le point rouge facilite son identification. À grossissement plus élevé, les graduations deviennent plus lisibles et permettent d’exploiter pleinement les possibilités du réticule pour le tir de précision.

Qualité optique et champ de vision

 

Vector équipe cette deuxième génération de Veyron de lentilles commercialisées sous l’appellation LaREE HD. Au-delà de cette dénomination, c’est naturellement le résultat qui nous intéresse. La qualité d’image est satisfaisante, avec une bonne définition au centre, un contraste convaincant et un rendu des couleurs agréable. L’image reste propre et exploitable sur l’ensemble de la plage de grossissement, y compris à 12×, sans dégradation rédhibitoire de la définition.

L’objectif de 44 mm offre un diamètre sensiblement supérieur à celui des LPVO classiques, généralement équipées d’un objectif de 24 mm. Cette différence présente un intérêt à fort grossissement, même si le diamètre de l’objectif ne suffit pas à lui seul à déterminer les performances optiques. La qualité des lentilles, leurs traitements et l’architecture interne restent des facteurs essentiels. Dans le cas de cette Veyron, l’ensemble offre des performances cohérentes avec son positionnement tarifaire.

Le champ de vision annoncé est de 13,9 mètres à 100 mètres à 3× et de 3,6 mètres à 100 mètres à 12×. À fort grossissement, la lunette se prête naturellement à l’observation et au tir précis. À 3×, le champ plus large permet de conserver une meilleure perception de l’environnement, sans toutefois retrouver la vision naturelle offerte par une LPVO réglée sur 1×.

 

L’eyebox : le principal compromis

 

Le dégagement oculaire et l’eyebox sont deux caractéristiques souvent confondues. Le premier désigne la distance à laquelle l’œil doit se trouver derrière l’oculaire pour bénéficier d’une image complète, tandis que la seconde correspond à la marge de déplacement dont dispose l’œil autour de cette position avant de perdre une partie de l’image.

Sur cette Veyron, l’eyebox constitue le principal compromis ergonomique. À faible grossissement, le placement de l’œil reste relativement facile une fois la lunette correctement installée. En montant vers 12×, la tolérance diminue et un déplacement latéral ou vertical fait rapidement apparaître des zones noires autour de l’image.

Cette caractéristique reste assez peu pénalisante lors d’un tir depuis une position stable, mais devient plus sensible lorsque l’on multiplie les changements de position ou les épaulés rapides. Elle impose donc une certaine régularité dans le placement de la tête, particulièrement à fort grossissement. Rien de rédhibitoire pour une lunette de précision, mais un point à connaître avant l’achat.

 

Une plage 3-12× adaptée à l’airsoft ?

 

Les grossissements importants sont assez courants sur les lunettes utilisées en airsoft, même si leur utilité réelle mérite parfois d’être relativisée. À nos distances, un grossissement très élevé n’est généralement pas nécessaire pour atteindre une cible. Il reste néanmoins intéressant pour observer une zone, suivre une bille en vol ou analyser plus précisément un impact.

Lors de mes précédents essais avec des lunettes proposant des grossissements nettement supérieurs, j’ai souvent constaté que mon utilisation réelle se situait autour de 8 à 12× pour le tir. Dans ce contexte, le choix d’une plage 3-12× est particulièrement cohérent. Le grossissement maximal couvre déjà l’essentiel des besoins rencontrés en airsoft, tandis que le 3× apporte une polyvalence supplémentaire.

Sur un DMR, ce faible grossissement constitue un avantage intéressant. Associé au point central illuminé, il permet une acquisition relativement rapide du réticule, même si l’on reste naturellement loin du comportement d’un véritable 1×. La principale limite vient de l’eyebox, qui demande un placement régulier de la tête lors des épaulés rapides. L’utilisation avec les deux yeux ouverts reste également possible, mais nécessite une adaptation en raison de la différence de grossissement entre les deux images.

Sur une réplique à verrou, la Veyron retrouve une utilisation plus conventionnelle. La plage comprise entre 6 et 12× correspond parfaitement aux besoins habituels du tir de précision en airsoft, longtemps couverts par les classiques 3-9×40. Le grossissement maximal permet de suivre correctement les billes et d’exploiter les graduations du réticule pour les contre-visées, tandis que le format réduit limite l’encombrement de la réplique.

La Veyron trouve ainsi naturellement sa place sur un bolt comme sur un DMR, avec un avantage supplémentaire pour ce dernier grâce à son grossissement minimum de 3×.

 

Tir de loisir, .22 LR et carabines PCP

 

L’intérêt de cette Veyron ne se limite pas à l’airsoft, son positionnement commercial etant annoncé pour le tir de loisir avec une carabine en .22 LR ou à air comprimé PCP, notamment pour le tir sur cibles métalliques, le plinking ou la régulation de petits nuisibles, comme les rats, lorsque celle-ci est légalement autorisée. À ces distances généralement modestes, le grossissement de 12× offre une réserve largement suffisante pour observer de petites cibles, tandis que le 3× permet de conserver un champ de vision appréciable.

Le réglage de parallaxe débutant à 10 yards constitue ici un véritable avantage, particulièrement sur les carabines PCP utilisées à courte distance. Le réticule FFP gradué en MIL permet également d’effectuer des corrections de visée sans intervenir systématiquement sur les tourelles. Enfin, le format réduit s’accorde particulièrement bien avec les carabines PCP modernes ou les petites .22 LR, sur lesquelles une lunette conventionnelle peut parfois sembler disproportionnée.

Sur le plan mécanique, Vector Optics annonce une résistance aux chocs de 750 G, une caractéristique rassurante pour une utilisation sur des armes de petit calibre. Le fabricant présente d’ailleurs cette Veyron comme adaptée aux carabines PCP et aux plateformes en .22 LR. Il convient néanmoins de distinguer ces dernières des carabines à air comprimé à piston-ressort ou gas-ram. Ces systèmes génèrent une double impulsion de recul, vers l’arrière puis vers l’avant, particulièrement contraignante pour les mécanismes internes d’une lunette. La résistance annoncée de 750 G ne garantit donc pas, à elle seule, une compatibilité avec toutes les carabines à piston puissantes.

Cette Veyron constitue ainsi une option intéressante pour le tir récréatif en petit calibre et en PCP, même si sa résistance au recul sur arme réelle n’a pas fait l’objet d’une évaluation spécifique dans le cadre de cette review.

 

LPVO ou Veyron ?

 

La Veyron ne constitue pas une alternative directe à une LPVO, les deux systèmes répondant à des besoins différents. Une 1-6× réglée à 1× permet une utilisation proche de celle d’un point rouge, particulièrement lorsque le réticule bénéficie d’une illumination suffisamment puissante. La Veyron débute à 3×, mais propose en contrepartie un grossissement maximal de 12×, un objectif de 44 mm et un réglage de parallaxe rapproché.

Le choix dépend donc principalement de l’utilisation envisagée. Pour une réplique d’assaut privilégiant les engagements rapprochés, le véritable 1× d’une LPVO conserve un avantage évident. En revanche, pour un bolt, un DMR ou une carabine de petit calibre orientée vers le tir précis, la Veyron offre un ensemble de caractéristiques particulièrement cohérent.

 

Tarif et positionnement

 

La Vector Optics Veyron GenII 3-12×44 se situe autour de 330 euros au tarif officiel européen au moment de la rédaction de cet article. À ce niveau de prix, elle ne se trouve plus dans la catégorie des lunettes d’entrée de gamme fréquemment rencontrées en airsoft et doit faire face à une concurrence importante, aussi bien parmi les LPVO que parmi les lunettes de précision conventionnelles.

Son principal argument reste son architecture compacte, associée à une qualité optique satisfaisante, une mécanique efficace et un équipement complet. Si la réduction d’encombrement ne constitue pas une priorité, il existe naturellement des alternatives plus conventionnelles. En revanche, pour qui recherche une lunette courte sans renoncer aux fonctionnalités d’une véritable optique de précision, cette GenII présente un intérêt certain.

 

Conclusion

 

Avec cette Veyron GenII 3-12×44 HD CTR FFP, Vector Optics propose une lunette de précision particulièrement compacte, sans sacrifier les fonctionnalités essentielles. La qualité optique est convaincante pour son tarif, la plage de grossissement 3-12× se montre polyvalente et le réticule FFP associé à une parallaxe réglable dès 10 yards constitue un ensemble cohérent, aussi bien pour l’airsoft que pour le tir de loisir en petit calibre.

Ses principaux compromis concernent son poids relativement élevé au regard de ses dimensions et son eyebox exigeante à fort grossissement. À environ 330 euros, elle représente néanmoins une proposition intéressante pour les utilisateurs qui privilégient la compacité et la polyvalence, sans rechercher nécessairement les grossissements les plus élevés.

 

Points positifs

 

  • Format particulièrement compact
  • Plage de grossissement 3-12× polyvalente
  • Bonne qualité optique pour le tarif
  • Réticule FFP avec point central illuminé
  • Parallaxe réglable dès 10 yards
  • Intéressante en airsoft, .22 LR et PCP

 

Points négatifs

 

  • Poids de 629 g un peu élevé pour ce format
  • Eyebox restrictive, particulièrement à 12×

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