Un red dot pensé pour l airsoft !

Begadi PRO RD2 Solar : un point rouge réellement pensé pour l’airsoft

 

 

Le marché du point rouge est devenu tellement vaste qu’il est aujourd’hui assez difficile de trouver quelque chose de réellement original. Entre les modèles directement issus du monde du tir, les versions économiques et les innombrables optiques cheap plus ou moins inspirées de modèles existants, nous avons franchement l’embarras du choix pour équiper nos répliques.

Alors pourquoi s’intéresser particulièrement à ce Begadi PRO RD2 Solar ?

Parce que Begadi semble avoir pris le problème dans l’autre sens. Plutôt que de partir d’une optique conçue pour le tir en considérant qu’elle fonctionnera également très bien sur une réplique, le cahier des charges du RD2 a été pensé autour de l’airsoft.

 

Un red dot plutôt classique… en apparence

 

Le RD2 arrive dans une petite boîte rigide qui protège correctement l’optique et ses accessoires. On ouvre, on le sort et, au premier regard, rien de particulièrement spectaculaire. Nous sommes face à un red dot ouvert aux proportions assez conventionnelles.

Le RD2 est compact, discret et trouve naturellement sa place aussi bien sur une petite réplique que sur un AEG ou un SMG. Le dessin reste sobre malgré les différentes fonctions intégrées au boîtier et je le trouve même plutôt fin d’allure.

 

Un tout petit point pour aller chercher un peu plus loin

 

On allume le RD2 et sa première vraie particularité apparaît immédiatement : le point ne mesure que 1 MOA.

C’est très fin pour de l’airsoft. À dix ou quinze mètres, soyons réalistes, quelques MOA supplémentaires ne changeraient probablement pas grand-chose. À 50 ou 60 mètres, en revanche, un petit point masque moins la cible et permet de travailler plus proprement avec une réplique suffisamment régulière pour exploiter ces distances.

Cette finesse demande simplement d’adapter la luminosité. En extérieur, il ne faut pas hésiter à « pousser » le point pour le récupérer immédiatement. À faible intensité, 1 MOA devient vite très discret ; une fois la puissance correctement adaptée aux conditions, on profite au contraire d’un réticule précis qui masque très peu la cible.

Les commandes sont à l’image du reste : simples. Une pression sur le bouton +, situé à gauche, allume le RD2 puis augmente l’intensité du point. Le bouton , à droite, la diminue. Pour éteindre l’optique, on maintient les deux boutons simultanément pendant trois secondes. On comprend le fonctionnement immédiatement et on retrouve facilement les commandes sous les doigts.

 

 

Deux petits panneaux solaires… et une pile 1632

 

En regardant le RD2 par-dessus, difficile de manquer les deux petits panneaux solaires intégrés au boîtier. Ils viennent seconder la pile et, sur le principe, permettent d’en prolonger l’autonomie.

Je reste beaucoup plus réservé sur leur intérêt réel. Je n’ai pas cherché à mesurer leur efficacité et, à ce stade, je considère plutôt ces deux petits panneaux comme un gadget sympathique. Leur véritable intérêt se jugera simplement sur la durée : si la fréquence de remplacement de la pile diminue sensiblement, ils auront démontré leur utilité.

L’accès à cette pile m’intéresse finalement davantage. Le compartiment se trouve directement sur le dessus du boîtier : on ouvre, on change la batterie et on referme sans déposer le point rouge.

Après avoir utilisé suffisamment d’optiques dont la pile se cachait sous le boîtier, j’apprécie vraiment ce principe. Changer une batterie ne devrait pas obliger à démonter son optique puis à se demander si le zéro a bougé. Ici, on ne touche au montage à aucun moment. C’est moins spectaculaire que deux panneaux solaires, mais à mes yeux beaucoup plus utile au quotidien.

 

Et puis il y a cette protection…

 

C’est en regardant l’avant du RD2 que son orientation airsoft devient réellement évidente.

Une lentille de red dot reste exposée et une bille ne fait aucune différence entre une optique à 30 euros et celle qui vous en a coûté dix fois plus. La solution habituelle consiste à installer devant elle une petite plaque de polycarbonate montée sur le rail. Ça fonctionne, mais ça ajoute encore une pièce sur la réplique et le résultat n’est pas toujours particulièrement élégant.

Begadi intègre directement le problème au produit. Devant la véritable lentille prend place une protection transparente interchangeable. Une bille arrive ? C’est elle qui encaisse. Elle finit marquée ou détruite ? On la remplace au lieu de remplacer l’optique.

La protection se met très facilement en place. Pour la retirer, c’est une autre histoire : elle est franchement dure à enlever et il faut insister pour parvenir à la dégager. Cette pièce etant destinée à rester sur l’optique, au moins, on ne risque pas de la perdre bêtement au milieu d’une partie.

 

28 ans sans casser une optique…

Est-ce vraiment nécessaire ?

Je pratique l’airsoft depuis maintenant 28 ans et, pendant très longtemps, ma réponse aurait probablement été « pas vraiment ». J’ai joué sous la pluie, dans les bois, en bâtiment, avec des optiques plus ou moins chères et pas toujours ménagées. Pourtant, je n’avais jamais réussi à perdre une lentille à cause d’une bille.

Puis, l’année dernière, c’est arrivé.

Une bille a frappé directement la lentille d’une de mes optiques et l’a détruite. Autant dire que ça fait C**er  quand ça arrive.

L’expérience remet aussi le risque à sa juste place. Non, nos points rouges ne prennent pas une bille en pleine lentille tous les week-ends ; sinon je n’aurais pas attendu presque trois décennies avant d’en casser une. Mais il suffit d’une seule fois. Une fois la lentille étoilée, il est évidemment un peu tard pour se demander si une protection à quelques euros aurait été un bon investissement.

Forcément, après cette expérience, je ne regarde plus tout à fait le système du RD2 de la même manière. Mais comme j’ai un petit côté Saint Thomas, il fallait quand même vérifier que cette protection faisait réellement son travail. Le test est simple : 1,5 J à 5 mètres, directement dans la protection.

Le point d’impact est parfaitement visible : la matière s’est écrasée et fendue sous le choc, preuve qu’elle a bien encaissé l’énergie de la bille. Derrière, le point rouge n’a absolument rien.

Moralité : la protection ne sort pas indemne du test, mais elle fait exactement ce qu’on lui demande. Vous pouvez être serein en jeu ;).

 

Le montage Picatinny : efficace, mais fastidieux

 

Le montage Picatinny n’est pas fourni avec le RD2. Il est disponible séparément chez Begadi pour moins d’une dizaine d’euros. Son prix n’est donc pas vraiment le problème ; ce qui est plus agaçant, c’est de découvrir son absence à la réception et de devoir éventuellement repasser une commande simplement pour récupérer cette petite pièce. Si le RD2 doit finir sur un rail Picatinny, autant mettre directement l’adaptateur dans le panier ou en achat suggéré ?

À l’usage, ce montage est probablement l’élément qui m’a le moins convaincu. Sur la plupart des répliques où j’ai essayé le RD2, il faut pratiquement démonter complètement la fixation pour l’adapter au rail puis remettre l’ensemble en place autour de celui-ci.

Ce n’est pas compliqué, mais c’est fastidieux. Il faut recentrer les deux vis, vérifier qu’elles prennent bien droit dans leurs filetages, maintenir le point rouge et la seconde partie de la fixation puis commencer à serrer sans que tout se décale. Une fois installé, aucun problème : le montage fait son travail. Mais je n’aurais clairement pas envie de répéter régulièrement l’opération pour faire voyager le RD2 d’une réplique à une autre.

Sur une optique installée « à vie » sur une plateforme, on monte, on serre et on oublie. Si vous changez régulièrement vos optiques de réplique, un système plus direct aurait été nettement plus agréable.

 

Il faut également suffisamment de longueur de rail pour engager les deux vis transversales. Sur le petit rehausseur installé sur l’une de mes répliques, ça ne passe tout simplement pas. Mon vieux red dot de 2004 mono vis l’accepte sans broncher ; le montage Begadi, non. Dans cette configuration particulière, un adaptateur plus compact utilisant une seule vis transversale règle le problème.

 

 

Derrière la lentille : place au terrain

 

Une fois monté sur la réplique, le RD2 trouve rapidement sa place. Son format compact et son poids contenu ne modifient pas l’équilibre de l’ensemble et, après quelques minutes de jeu, on finit tout simplement par l’oublier.

À l’épaulé, le point tombe naturellement dans le regard. On tire les deux yeux ouverts en conservant un très grand champ de vision et l’optique devient presque transparente : on ne cherche plus réellement le point rouge, il vient se superposer naturellement à ce que l’on regarde. Rien ne casse la vision périphérique ou ne donne l’impression de regarder à travers un tube ; on garde la scène dans son ensemble et le point est simplement là où on en a besoin.

 

Son diamètre de seulement 1 MOA impose parfois de pousser franchement la luminosité en extérieur pour le récupérer instantanément. Une fois l’intensité adaptée, il masque très peu la cible et reste très agréable à utiliser, particulièrement lorsque les distances commencent à s’allonger.

L’image reste propre et je n’ai rencontré aucun comportement gênant lorsque les conditions lumineuses se compliquent. Même avec le soleil dans le dos, pas d’effet « rétroviseur » avec une lentille qui commence à renvoyer tout ce qui se passe derrière le tireur — ce qui pourrait pourtant avoir son utilité si quelqu’un vous prend à revers ;).

 

Les réglages de dérive et d’élévation sont également plaisants. L’ajustement est très doux, sans point dur, tout en conservant des clics suffisamment perceptibles pour savoir exactement ce que l’on fait.

Au final, le RD2 ne produit pas d’effet « waouh » particulier sur le terrain, mais ce n’est pas ce que je lui demande. J’épaule, le point tombe dans le regard, je conserve ma vision périphérique et je joue. L’optique disparaît pratiquement de l’équation. C’est un bon point rouge, et c’est probablement la meilleure façon de résumer son comportement en jeu.

 

Et le parallaxe ?

 

Concernant le parallaxe, il me semble bien observer un léger déplacement du point lorsque je décale fortement l’œil dans la fenêtre sur une cible à 50 m.  Je préfère néanmoins ne pas aller plus loin dans l’interprétation : je ne dispose pas du matériel suffisamment précis pour mesurer proprement ce phénomène et encore moins pour lui attribuer une valeur fiable.

Begadi ne communiquant pas non plus de donnée particulière sur le parallaxe du RD2, je préfère simplement signaler cette observation plutôt que d’avancer une mesure dont la précision serait discutable.

 

Pas de détour par le stand de tir

 

J’ai préféré poser directement la question à Begadi. Leur réponse est claire : ils déconseillent l’utilisation du RD2 sur une arme à feu, tout simplement parce que cela ne fait pas partie du cahier des charges du produit.

 

Les + / Les –

 

Les +

  • Point de 1 MOA très fin et précis
  • Image propre, sans effet « rétroviseur » gênant avec le soleil dans le dos
  • Protection de lentille intégrée, interchangeable et solidement maintenue
  • Changement de pile par le dessus sans démonter l’optique
  • Commandes simples et intuitives
  • Look sobre et plutôt fin

Les –

  • Montage Picatinny vendu séparément
  • Montage à deux vis fastidieux si l’on change régulièrement de plateforme
  • Peu adapté aux sections Picatinny très courtes
  • Point de 1 MOA qui demande de pousser la luminosité en extérieur
  • Léger parallaxe visuellement perceptible

 

Conclusion

 

Après plusieurs passages sur différentes répliques et surtout une utilisation en jeu, le Begadi PRO RD2 laisse une impression assez simple : c’est avant tout un  point rouge airsoft il fait son taff et il le fait bien.

Il ne cherche pas à réinventer le principe. Son image est propre, son point de 1 MOA très fin, ses réglages agréables et, surtout, son ergonomie fonctionne. J’épaule, le point tombe naturellement dans le regard et l’optique se fait oublier. C’est exactement ce que j’attends d’un red dot.

Son montage Picatinny constitue clairement la partie qui m’a le moins convaincu, surtout pour quelqu’un qui déplace régulièrement ses optiques d’une réplique à une autre. À l’inverse, l’accès à la pile par le dessus est une excellente idée : pas besoin de déposer le red dot et donc aucune raison de toucher au zéro simplement pour changer une batterie.

Les deux petits panneaux solaires restent pour moi un gadget tant que le temps n’aura pas démontré leur intérêt réel. La protection de lentille me paraît beaucoup plus pertinente. Elle répond directement à un problème propre à l’airsoft et, après avoir moi-même fini par perdre une optique sous l’impact d’une bille, je vois forcément le concept d’un autre œil.

C’est finalement là que le RD2 trouve sa personnalité. Begadi part d’un bon point rouge et ajoute autour plusieurs solutions pensées pour notre activité. Tout n’a pas la même importance à mes yeux, mais l’ensemble reste cohérent, efficace et agréable à utiliser.

Le RD2 coûte davantage qu’un red dot airsoft basique. En contrepartie, il donne aussi l’impression d’avoir été pensé pour rester longtemps sur une réplique. Et si sa petite protection transparente finit un jour par sacrifier sa vie à la place de la lentille, elle aura probablement justifié à elle seule une bonne partie de la différence.

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