Introduction
Après avoir testé la Stalker ED 5-40×56, nous restons dans la même famille avec cette Marcool Stalker ED 5-25×56 FFP IR Zero Stop, référence HY1602-2 / MAR-202. Les deux lunettes partagent clairement le même ADN, avec une construction massive, un tube de 34 mm, un objectif de 56 mm, de grosses tourelles et une ergonomie résolument orientée tir.
La principale différence se trouve évidemment du côté du grossissement. Là où la 5-40×56 joue la carte des très forts grossissements, cette version s’arrête à 25×. Une valeur finalement assez conventionnelle et qui, à mon sens, couvre probablement 90 % des utilisations réelles de ce type de lunette. Lors de mes essais avec la 5-40×56, en compétition, je me suis d’ailleurs retrouvé la plupart du temps entre 8 et 12× pour effectuer mes tirs. Les très forts grossissements gardent leur intérêt pour l’observation ou certains usages spécifiques, mais ne sont pas nécessairement indispensables au tir lui-même.
Construction et prise en main
La première impression donnée par cette Stalker est celle d’une lunette massive et robuste. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment une particularité Marcool : avec un objectif de 56 mm, un tube de 34 mm et des tourelles de cette taille, la plupart des 5-25×56 modernes présentent des proportions similaires.
Le tube monobloc de 34 mm laisse notamment davantage de place à la mécanique interne et s’accompagne ici d’une grande amplitude de réglage. Marcool annonce une course totale de 35 MIL en élévation et 22 MIL en dérive, ce qui constitue un débattement important et cohérent avec la destination de cette lunette.
L’ergonomie est assez travaillée. Les bagues de réglage dioptrique et de zoom présentent des nervures marquées, tandis que la commande de parallaxe reçoit un motif composé de petits rectangles. Au-delà de l’aspect esthétique, ces dessins distincts permettent d’identifier rapidement les différentes commandes et évitent de se tromper de bague lors des réglages. Les reliefs offrent également une bonne préhension lors d’une manipulation rapide.

Plus généralement, Marcool a clairement cherché à donner à cette Stalker une identité « tactique », et pas uniquement par son aspect extérieur. Les nombreuses stries de préhension, les bagues épaisses, les anneaux massifs et les tourelles particulièrement volumineuses donnent l’impression d’une lunette conçue pour être régulièrement manipulée plutôt que simplement réglée une fois pour toutes. Les différentes commandes sont faciles à identifier, aussi bien visuellement qu’au toucher.
Un ensemble massif
Il faut en revanche assumer l’encombrement et le poids qui accompagnent cette architecture. Avec son objectif de 56 mm, son tube de 34 mm et ses imposantes tourelles, la Stalker ne cherche clairement pas à jouer dans la catégorie des optiques légères.
D’ailleurs attention à posseder des anneaux suffisamment haut pour que la lunette ne touche pas !

À cela s’ajoute évidemment le montage. En ordre de marche, avec ses anneaux, notre exemplaire atteint environ 1 300 g sur la balance. C’est conséquent, mais beaucoup moins problématique sur une plateforme destinée au PRS ou au tir tactique à moyenne et longue distance que sur une arme destinée à être portée pendant des heures.
Cet encombrement est finalement la contrepartie d’une architecture privilégiant un gros objectif, une importante amplitude de réglage et des commandes largement dimensionnées et faciles à manipuler.

Tourelles et Zero Stop
Les tourelles suivent la même logique que le reste de la lunette. Elles sont massives, faciles à saisir et les clics sont francs, aussi bien au toucher qu’à l’oreille. On sait immédiatement que l’on vient de passer un cran, ce qui est appréciable lorsqu’on effectue une correction sans quitter complètement la cible des yeux.
Leur grande taille laisse également suffisamment de place pour des graduations particulièrement lisibles. Marcool utilise par ailleurs une double numérotation : lorsque l’on dépasse un tour complet, il devient ainsi beaucoup plus facile de savoir où l’on se trouve réellement dans la plage de réglage. Sur le pas de tir, cela limite les erreurs, particulièrement lorsque l’on alterne entre plusieurs distances.

Selon la version, Marcool indique des clics de 1/10 MIL ou 1/4 MOA. Notre exemplaire utilise le 1/4 MOA, soit 0,25 MOA par clic. Pour donner un ordre d’idée à ceux qui ne sont pas familiers de cette unité, un clic représente un déplacement du point d’impact d’environ 7 mm à 100 mètres, et environ 3,5 mm à 50 mètres. Il s’agit d’une valeur classique pour une lunette de précision, mais suffisamment fine pour permettre des corrections très progressives.
On retrouve également un Zero Stop permettant, une fois le zéro défini, de revenir mécaniquement à la position initiale après avoir appliqué une correction en élévation.
Finalement, le caractère tactique de cette Stalker ne tient donc pas uniquement à son apparence. Grosses tourelles, bagues généreusement dimensionnées, nombreuses surfaces de préhension, commandes différenciées et marquages très visibles participent tous à une même logique : rendre la lunette facile et rapide à manipuler.
FFP et réticule MAR-202
La Stalker ED 5-25×56 utilise un réticule placé au premier plan focal. Sa taille apparente évolue donc avec le grossissement et ses graduations conservent leur valeur sur toute la plage 5-25×. Sur une lunette destinée à utiliser régulièrement les graduations du réticule, le FFP évite d’avoir à travailler à un grossissement imposé ou à effectuer des conversions.
Cette lunette présente le MAR-202, un réticule dont l’architecture reprend le principe désormais assez classique du « sapin de Noël », avec une partie inférieure permettant de combiner corrections verticales et latérales directement dans le réticule.

Personnellement, j’apprécie beaucoup ce type de dessin. Une fois les corrections connues, il permet de passer rapidement d’une distance à une autre sans toucher aux tourelles. Sur plusieurs cibles situées à des distances différentes, la correction peut ainsi être effectuée « à la volée » dans le réticule plutôt qu’en comptant les clics entre chaque tir.
Cela reste évidemment une question de méthode. Certains tireurs préfèrent systématiquement entrer leurs corrections aux tourelles, tandis que d’autres utilisent principalement les contre-visées. Je me situe plutôt dans cette seconde catégorie.
Le MAR-202 reste néanmoins assez traditionnel pour un réticule Christmas Tree moderne et ne surcharge pas excessivement le champ de vision. Comme toujours avec un réticule FFP, il devient naturellement plus fin dans la partie basse de la plage de grossissement et prend progressivement toute sa dimension lorsque l’on augmente celui-ci.
Verres ED et qualité d’image
Comme son nom l’indique, cette Stalker utilise des verres ED, pour Extra-low Dispersion. Leur fonction est principalement de limiter la dispersion des différentes longueurs d’onde et donc les aberrations chromatiques, particulièrement visibles sur les contours très contrastés. Pour un lecteur qui découvre ce type d’optique, l’objectif est simplement d’obtenir une image plus propre, avec moins de franges colorées sur les zones présentant de forts contrastes.
L’appellation ED est cependant devenue suffisamment courante pour ne pas constituer, à elle seule, une garantie de qualité optique. La formule optique, les traitements appliqués aux différentes surfaces et la qualité de fabrication ont également leur importance.

Distance environ 2.3 km zoom 25X
Plus généralement, il devient aujourd’hui assez difficile pour moi de départager certaines lunettes chinoises de milieu de gamme sur la seule qualité de leur image. Les progrès réalisés ces dernières années sont importants et, dans des conditions normales d’utilisation, les dernières Marcool, Discovery ou Vector « standard » que j’ai pu utiliser offrent désormais des prestations assez proches.
La Vector Continental que j’ai testée m’avait semblé conserver un léger avantage, mais entre les autres modèles les écarts deviennent suffisamment faibles pour qu’il soit difficile d’établir une véritable hiérarchie sans mettre les lunettes côte à côte dans des conditions particulières. À mon niveau et pour mon utilisation, nous sommes désormais assez souvent dans le « kif-kif ».
Cette Stalker ED 5-25×56 ne fait pas exception. Je n’ai rien relevé de réellement critiquable concernant la qualité de l’image : elle est claire, les détails sont correctement restitués et les aberrations chromatiques suffisamment contenues pour ne pas devenir gênantes lors du tir.
Les différences entre les modèles se retrouvent désormais peut-être davantage ailleurs : comportement à fort grossissement, tolérance de l’eyebox, champ de vision, réticule, ergonomie des commandes ou qualité de la mécanique. Ce sont finalement ces éléments qui peuvent devenir plus discriminants que la simple impression de netteté au centre de l’image.
Champ de vision
Marcool annonce un champ de vision de 4,45° à 5× et 0,89° à 25×. Ces valeurs en degrés restent cependant assez abstraites. Exprimées de manière plus concrète, elles signifient qu’à 100 mètres, on observe dans la lunette une zone d’environ 7,8 mètres de large à 5×, contre seulement 1,55 mètre à 25×.
Ces chiffres permettent de mieux comprendre l’intérêt de la plage 5-25×. À 5×, près de huit mètres de terrain sont visibles à 100 mètres, ce qui facilite la recherche d’une cible ou le passage rapide d’un objectif à un autre. À 25×, le champ se resserre sur environ un mètre et demi, permettant au contraire de se concentrer précisément sur la cible et ses détails.
Dans une utilisation PRS ou tactique, on travaillera donc souvent entre ces deux extrêmes, en adaptant le grossissement au compromis recherché entre champ de vision et précision d’observation.

Réglage de parallaxe
Le réglage de parallaxe est placé sur la tourelle gauche et sa commande reprend les reliefs rectangulaires évoqués précédemment. Son dessin spécifique permet de l’identifier immédiatement par rapport aux autres commandes de la lunette.
La plage annoncée va de 20 yards à l’infini, soit un peu plus de 18 mètres jusqu’à l’infini. C’est une plage particulièrement adaptée à une lunette de ce type et qui permet également de conserver une utilisation à des distances relativement courtes.

Sur une lunette capable de monter à 25×, le réglage de parallaxe devient rapidement important, une parallaxe incorrecte pouvant provoquer un déplacement apparent du réticule lorsque l’œil n’est pas parfaitement centré derrière l’oculaire. Comme souvent, les distances inscrites sur la commande doivent surtout être considérées comme des points de repère. En pratique, on ajuste surtout la parallaxe en fonction de la cible et de la position de tir jusqu’à obtenir simultanément une image nette et un réticule qui ne semble plus se déplacer sur la cible lorsque l’œil bouge légèrement derrière l’oculaire.
5-25× ou 5-40× ?
Ayant déjà testé la Stalker ED 5-40×56 review ici , la comparaison entre les deux modèles est inévitable.


Le 40× offre naturellement davantage de possibilités pour observer précisément une cible ou un impact et peut présenter un véritable intérêt pour certaines disciplines. Mais ce supplément de grossissement n’est pas nécessaire à tout le monde.
Cette 5-25× adopte finalement une plage plus conventionnelle. Le 5× permet encore de conserver un champ suffisamment large pour rechercher une cible, tandis que 25× offre déjà une capacité d’observation importante. Et surtout, dans mon utilisation airsoft je me retrouve finalement beaucoup plus souvent dans la première moitié de cette plage que tout en haut, alors que c’est l inverse quand je pratique le PRS ou TLD à des distances supérieures à 200 ou 600 m.
Le choix entre les deux modèles dépendra donc essentiellement de l’utilisation : celui qui a réellement besoin de très forts grossissements trouvera un intérêt à la 5-40×56, tandis que cette 5-25×56 couvre déjà une plage particulièrement large pour une utilisation plus généraliste.
Conclusion
Cette Stalker ED 5-25×56 illustre finalement assez bien le niveau atteint aujourd’hui par les bonnes lunettes chinoises de milieu de gamme. Sur des modèles de cette catégorie, la qualité optique couvre désormais à mon sens la très grande majorité des besoins réels : la luminosité est suffisante dans des conditions normales d’utilisation, les aberrations chromatiques sont bien maîtrisées et la définition ne constitue plus réellement un facteur limitant pour le tir.
Les différences se font donc davantage sur l’équipement, l’ergonomie et surtout l’adéquation de la lunette avec l’utilisation recherchée. Et sur ce point, la Stalker affiche assez clairement sa destination.
Avec sa plage 5-25×, son objectif de 56 mm, son tube de 34 mm, son réticule FFP de type Christmas Tree, son Zero Stop, son important débattement mécanique et ses grosses commandes facilement manipulables, elle me paraît particulièrement destinée au PRS, au tir tactique et plus généralement au tir de précision à moyenne et longue distance.
Le MAR-202 correspond également très bien à cette philosophie. C’est personnellement l’un des éléments que j’apprécie le plus : une fois les corrections connues, son dessin permet de passer rapidement d’une distance à une autre en utilisant directement les contre-visées, sans devoir systématiquement manipuler les tourelles.
La contrepartie est évidente : environ 1,3 kg en ordre de marche avec ses anneaux, ce n’est pas rien. Mais ce serait presque lui reprocher de ne pas être ce qu’elle ne cherche justement pas à être. Sur une plateforme destinée au PRS ou au tir posé à moyenne et longue distance, ce poids me paraît beaucoup moins gênant que sur une arme destinée à être portée toute la journée.

Au final, je vois donc moins cette Stalker ED 5-25×56 comme une simple lunette généraliste que comme une optique assez clairement spécialisée. Elle réunit pratiquement toutes les caractéristiques que l’on attend aujourd’hui d’une lunette orientée PRS ou tir tactique longue distance, avec une qualité d’image qui, à mon niveau, ne laisse apparaître aucun manque réellement pénalisant à l’usage.
Plus d’infos ici https://marcooloptics.com/product/stalker-ed-5-25×56-ffp-ir-scope-prs/
Points positifs
- Verres ED
- Plage de grossissement 5-25× très polyvalente
- Réticule MAR-202 FFP de type Christmas Tree
- Important débattement : 35 MIL en élévation / 22 MIL en dérive
- Tourelles massives avec double numérotation
- des tourelles
- Zero Stop
- Ergonomie particulièrement adaptée au PRS et au tir tactique
Points négatifs
- Ensemble massif et encombrant
- Environ 1 300 g en ordre de marche avec les anneaux
- Peu adaptée à une plateforme où poids et compacité sont prioritaires
