
Un concept, mais derrière le marketing, qu’en est-il réellement sur le terrain ?
Le Begadi CP1 ne se positionne pas comme une simple paire de lunettes balistiques, mais bien comme un système complet pensé dès le départ pour répondre aux contraintes du terrain. Dès les premières manipulations, on comprend que l’on n’est pas sur une logique classique type ESS ou Bollé, souvent rigides et minimalistes, mais sur une approche beaucoup plus enveloppante et souple, qui rappelle les masques de ski ou les références du paintball. Cette souplesse n’est pas un hasard : elle permet au masque d’épouser le visage, d’absorber les contraintes et surtout d’améliorer le confort sur de longues sessions, là où les lunettes rigides finissent souvent par créer des points de pression.
Ce positionnement hybride est particulièrement intéressant, car il permet de combiner protection, champ de vision et gestion de la buée dans un seul ensemble cohérent. On retrouve d’ailleurs une sensation très proche des anciens masques type JT Spectra des années 90, avec ce côté “bloc” protecteur mais confortable, loin des solutions fragmentées que l’on retrouve souvent en airsoft.

Un écran double lentille pensé comme une vraie barrière thermique
L’un des éléments centraux du CP1 réside dans son écran à double épaisseur. Contrairement aux lunettes classiques qui reposent sur un simple traitement anti-buée, Begadi a ici intégré un système avec un espace d’air “inerte” entre les deux lentilles. Ce principe, bien connu dans le monde du ski et du paintball, agit comme une barrière thermique en limitant les échanges de température entre l’intérieur et l’extérieur du masque. Concrètement, cela réduit drastiquement la formation de condensation, même en conditions difficiles.

Le système ne se limite pas à une simple double lentille. Il combine en réalité plusieurs éléments complémentaires : un écran thermique double épaisseur, une ventilation interne via des canaux intégrés et une circulation d’air dynamique au sein du masque. L’ensemble travaille de manière cohérente pour limiter les écarts de température et évacuer l’humidité, ce qui explique les performances observées sur le terrain.


Ce n’est pas une innovation révolutionnaire en soi — on retrouvait déjà ce principe sur des masques comme le JT Spectra dans les années 90 — mais c’est une technologie éprouvée, rarement exploitée aussi proprement en airsoft. Et sur le terrain, la différence est nette : là où des lunettes classiques finissent par saturer, le CP1 reste exploitable beaucoup plus longtemps sans intervention.
Une approche modulaire rarement vue dans ce segment
Là où le CP1 va plus loin que la majorité des solutions concurrentes, c’est dans sa conception globale comme un véritable système évolutif. Begadi ne vend pas simplement une lunette, mais une plateforme complète autour de laquelle viennent se greffer différents modules. On retrouve ainsi plusieurs types d’écrans, avec des versions plates ou « en relief » pour s’adapter au port de lunettes volumineuses, ainsi qu’un insert RX permettant d’intégrer directement des verres correcteurs à la vue de l’utilisateur.

Cette modularité ne s’arrête pas là. Une fixation sur la partie supérieure du masque permet d’installer une caméra d’action, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour la capture de contenu en POV, sans avoir recours à des montages externes souvent instables. L’ensemble des pièces détachées est aujourd’hui disponible chez Begadi, ce qui renforce l’intérêt du produit sur le long terme : on n’est pas dépendant d’un kit figé, mais bien d’un système que l’on peut adapter, réparer ou faire évoluer.

Une protection bas du visage fonctionnelle
Le CP1 propose également une protection de bas de visage qui vient compléter l’ensemble. Celle-ci se distingue par un système de fixation mêlant aimants et ancrages mécaniques via quatre vis et boulons. Ce double système assure à la fois une mise en place rapide et un maintien suffisamment fiable en jeu, tout en conservant une certaine flexibilité en cas de choc ou d’accrochage.

Un détail particulièrement intéressant réside dans la conception de cette protection, largement percée de trous. Officiellement pensés pour améliorer la ventilation et limiter l’accumulation de chaleur et d’humidité, ces orifices offrent également des possibilités supplémentaires pour les joueurs orientés camouflage. Il est en effet possible d’y fixer de la végétation ou des éléments de dissimulation à l’aide de rilsan (serflex), transformant ainsi le masque en support de camouflage.

Un contact physique confortable et pensé pour durer
La zone de contact avec le visage bénéficie d’un rembourrage en mousse qui participe largement au confort global du masque. Cette mousse permet d’absorber les irrégularités du visage, de limiter les points de pression et d’assurer une bonne étanchéité sans avoir à trop serrer le système de maintien. Sur des sessions longues, cet élément fait clairement la différence, notamment en comparaison avec des lunettes plus rigides qui finissent par marquer ou gêner.
Autre point appréciable, cette mousse est remplaçable. Elle peut être retirée simplement en la décollant, ce qui permet de la remplacer en cas d’usure, de détérioration ou simplement pour des raisons d’hygiène. C’est un détail qui peut sembler secondaire, mais qui s’inscrit parfaitement dans la logique globale du produit : proposer un système durable, maintenable et pensé pour un usage régulier.

À l’usage, on apprécie également un poids contenu qui contribue à limiter la fatigue sur de longues sessions. Le masque reste agréable à porter même après plusieurs heures de jeu. Autre point important, sa compatibilité avec les casques type FAST ou MICH est bien assurée, permettant une intégration propre dans un setup complet sans conflit avec le reste de l’équipement.
Normes de sécurité et évolution des exigences terrain
Si je vous propose aujourd’hui une review du Begadi CP1, pourtant sorti en 2023, ce n’est pas un hasard ni un effet de mode, mais le reflet d’une évolution concrète des exigences sur les terrains, notamment ceux affiliés à la Fédération Française d’Airsoft. On observe en effet une montée en gamme des critères de sécurité imposés aux joueurs, avec une attention particulière portée aux normes de protection oculaire. La référence principale reste la norme européenne EN166, qui se décline en plusieurs niveaux de résistance aux impacts : EN166A pour les impacts à haute énergie, EN166B pour les impacts à énergie moyenne et EN166F pour les impacts à basse énergie. À cela peuvent s’ajouter d’autres marquages comme “T” pour la résistance à des impacts à température extrême, ou encore des indices liés à la qualité optique et à la résistance aux rayures.

Dans le cadre de l’airsoft, le niveau EN166B est généralement considéré comme un minimum sérieux, offrant une marge de sécurité confortable face aux puissances rencontrées sur le terrain. Mais au-delà de la simple résistance des “verres” — abus de langage bien connu puisque l’on parle en réalité de polycarbonate — les exigences actuelles vont plus loin. Les organisateurs et fédérations insistent désormais sur trois points essentiels : un maintien efficace de la protection via un système élastique pour éviter toute perte en mouvement, une conception enveloppante sans espace entre la protection et la peau autour des yeux, et une intégrité globale du système même en situation dynamique.
Après plus de trente ans de pratique, j’ai moi-même connu l’an dernier un incident marquant : une bille a rebondi sur la visière de ma casquette avant de venir frapper directement la paupière en passant par un espace non protégé. Sans gravité heureusement, mais suffisamment violent pour rappeler que même une petite faille dans la protection peut avoir des conséquences bien réelles. C’est précisément pour répondre à ce type de situation que des systèmes comme le CP1 prennent tout leur sens aujourd’hui, en proposant une protection continue, maintenue et certifiée, là où des solutions plus anciennes montrent leurs limites.
ci joint petit test avec une bille de 0.48 g à 2.48 joules tirée à 1 m, résultat l’écran est marqué mais la protection reste pleinement operationnelle.
Choix des écrans et compatibilité avec les lunettes de vue
En jeu, j’ai eu l’occasion de tester les deux types d’écrans proposés par Begadi, et c’est typiquement le genre de détail qui montre que le CP1 a été pensé avec une vraie logique utilisateur. Parmi les bonnes idées, on retrouve notamment la présence d’un espace volontairement laissé sans mousse sur les côtés du masque, permettant le passage des branches de lunettes. C’est simple, mais extrêmement efficace, et surtout bien plus confortable que beaucoup de solutions concurrentes où l’on doit forcer ou bricoler pour faire passer ses lunettes de vue.

Concernant les écrans eux-mêmes, mon retour est assez tranché. Ma préférence va largement vers la version “plate”. Certes, elle offre potentiellement un peu moins de volume interne pour accueillir des lunettes imposantes — et cela peut éventuellement jouer à la marge sur la gestion de la buée — mais à l’usage, elle se montre bien plus naturelle. À l’inverse, l’écran bombé, conçu justement pour offrir plus d’espace, génère chez moi plusieurs désagréments. J’ai notamment constaté une sensation de reflets légèrement plus marquée, mais surtout une gêne beaucoup plus pénalisante en configuration : l’excroissance liée au volume supplémentaire crée une sorte de zone “morte” dans le champ de vision proche, rendant difficile la lecture visuelle de son brelage ou de la zone thoracique.
Il y aura donc un vrai choix à faire en fonction de votre utilisation et de votre morphologie, en particulier si vous portez des lunettes de vue. Et c’est là que l’insert RX prend tout son sens. Plutôt que de chercher à adapter coûte que coûte des lunettes classiques sous le masque, cette solution permet d’intégrer directement des verres correcteurs dans le CP1. Dans mon cas, la mise en place a été particulièrement simple : un passage chez l’opticien, et pour environ 60 euros, j’ai pu faire réaliser les verres adaptés. Une solution que j’avais déjà expérimentée il y a quelques années sur un masque ESS, mais force est de constater qu’ici l’intégration est plus simple, mieux pensée et globalement mieux adaptée à l’usage terrain que ce que j’avais connu auparavant. À noter également que cet insert RX ne se limite pas uniquement au CP1 et peut être compatible avec d’autres types de masques, notamment des masques de ski.

Comportement en conditions réelles et impact sur le tir
En jeu “opérationnel”, lors des différentes parties de test, les conditions météo étaient clairement défavorables, avec une humidité marquée et des températures basses. Sans surprise, la condensation s’est formée assez rapidement… mais uniquement sur mes lunettes de vue, jamais sur l’écran du masque lui-même. Cela valide concrètement l’efficacité du système thermique du CP1, qui reste exploitable là où d’autres solutions échouent.
En termes d’utilisation pure en jeu, le CP1 se montre globalement très sain. L’épaulement ne pose aucun problème avec le masque seul, que ce soit sur des répliques type assault ou sniper. En revanche, avec la protection faciale basse, certaines configurations — notamment les châssis monolithiques droits — peuvent gêner l’appui joue et la prise de visée. Rien de bloquant, mais un compromis à prendre en compte.
Conclusion
Le Begadi CP1 est plus qu’un simple masque, c’est une évolution logique de la protection en airsoft. Il répond à des problématiques concrètes avec une approche globale, cohérente et orientée terrain.
Efficace contre la buée, confortable, sécurisé et modulaire, il apporte des plus en jeu et s’inscrit dans les nouvelles exigences des terrains modernes.
Un système intelligent, pensé pour l’airsoft
Synthèse
Les plus
- Bonne gestion de la buée
- Bon niveau de protection et confort
- Evolutif, modulaire et pieces détachées disponibles.
Les moins
- Ergonomie à adapter en fonction des setups
- Trouver « Votre » solution pour les porteurs de lunette
- Prix du systeme complet élevé ?
